Cyclo : et si vous en parliez avec votre enfant ?
Dès 13 ans, beaucoup d’adolescents désirent prendre plus d’autonomie dans leurs déplacements et rêvent d’un cyclomoteur qui leur apparaît comme un formidable moyen de liberté et d’évasion. Mais attention, l’accès au deux-roues motorisé n’est pas sans danger…
Des chiffres qui font réfléchir
Le risque « deux-roues » devient important, puisqu’il représente 58 % des 13-16 ans tués en deux-roues motorisé.
Pour en savoir plus
Téléchargez le dépliant « Rencontre à haut risque : l'Ado et le cyclo »
Dans cette tranche d’âge, le risque d’accident à cyclomoteur culmine à 16-17 ans.
Il y a 17 fois plus de risque d’accident à cyclomoteur qu’en voiture (à nombre de kilomètres parcourus égal).
Plus d' 1 jeune cyclomotoriste tué sur 10 ne portait pas de casque.
La moitié des accidents mortels impliquant un cyclo se produit la nuit.
Prés de 50 % des cyclomoteurs accidentés sont débridés.
L’autoriser ou pas ?
L’achat, ou non, d’un cyclomoteur doit entrer dans un projet d’autonomie et résulter d’une négociation entre vous, parents, et votre enfant.
Les arguments en faveur du « cyclo » peuvent être :
• la distance de votre domicile aux centres attractifs de la vie urbaine ;
• les contraintes de l’accompagnement en voiture de votre enfant pour satisfaire ses besoins objectifs de déplacement.
En revanche, la présence d’un réseau de transports efficace et financièrement accessible peuvent vous permettre d’argumenter votre refus, quitte à négocier des alternatives au désir de mobilité et d’indépendance de votre enfant.
Incontestablement, la conduite d’un deux-roues motorisé représente un risque. Or la prise de risque est « normale » pour un ado ; elle lui permet de se construire en tant qu’adulte.
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Constituez votre « Charte Cyclo »
Outre l’inexpérience, certains comportements favorisent les accidents (conduite agressive, dépassement hasardeux…) ou les aggravent (vitesse excessive, non port du casque).
À vous d’estimer les capacités de votre enfant à adopter une conduite responsable. Si la relation de confiance entre vous est bonne, cela peut faire pencher la balance vers une acceptation… sous conditions.
Proposez-lui un contrat moral. En échange de la permission d’avoir un cyclomoteur, il s’engage à respecter un certain nombre de règles que vous établirez ensemble.
Établissez un contrat moral avec votre enfant
Doivent figurer parmi les engagements de votre enfant ces quelques points incontournables :
• ne pas trafiquer (débrider) son cyclomoteur ;
• respecter le code de la route ;
• toujours rouler avec son casque attaché ;
• s’équiper convenablement (gants, blouson, pantalon) et ce, même s’il fait chaud ! ;
• ne pas transporter de passager dans les premiers mois ;
• ne pas prêter son cyclomoteur ;
• entretenir son cyclomoteur ;
• ne pas utiliser son « cyclo » pour faire des figures acrobatiques : conduite sur une seule roue, etc.
Le BSR s'obtient à 14 ans
À partir de 14 ans, votre enfant doit être titulaire du Brevet de sécurité routière pour conduire un deux-roues motorisé qui n’excède pas 50 cm3.
Pour obtenir le BSR, il faut être âgé de 14 ans révolus et posséder l’ASSR de niveau 1, passée en classe de 5ème, ou de niveau 2 que l’on passe en classe de 3ème, ou l’ASR.
Une fois l’ASSR de niveau 1 en poche, l’ado doit suivre 5 h de formation en circulation, le plus souvent avec un moniteur de moto-école.
Pour en savoir plus
Le futur conducteur apprend à se placer sur la chaussée en fonction des autres usagers et à évaluer les situations dangereuses.
Le moniteur remet au jeune une attestation validant sa formation. Si le moniteur juge que le jeune n’est pas encore apte à circuler, il peut proposer, en accord avec les parents, d’augmenter le nombre d’heures de pratique.
En amont du BSR, La Prévention Routière, ainsi que d’autres associations, proposent des séances de « prise en main » et de maîtrise du cyclo, qui vont au-delà de la formation obligatoire.
Les dangers du débridage et/ou du kitage d’un cyclo
En principe, le moteur d’un cyclo est bridé lors de sa mise en vente. Le débrider, c’est le modifier de manière à accroître sa puissance. Cette opération est très facile, puisqu’il suffit d’une simple manipulation sur le pot d’échappement de l’engin.
Le kitage, quant à lui, consiste à ajouter un « kit », un pot d’échappement le plus souvent, qui accroît également la puissance du cyclomoteur.
La vitesse d’un engin débridé et/ou kité peut dépasser largement la vitesse de 45 km/h prévue pour les cyclos.
Cette pratique est à proscrire car votre enfant n’a ni la formation, ni la maturité suffisantes pour conduire dans la circulation un engin qui peut rouler à plus de 45 km/h.
L’interdiction formelle du débridage et du kitage doit donc impérativement entrer dans le contrat moral parent/enfant conditionnant l’achat d’un cyclomoteur.
Le débridage est un délit
Le débridage comme le kitage constituent aujourd’hui un délit, passible, pour les professionnels, de deux ans d'emprisonnement, de 30 000 euros d'amende, et d’une interdiction d’exercice de 5 ans.
Pour en savoir plus
Consultez l'Avis de l'assureur
Si vous ou votre enfant revendez un cyclomoteur qui a été débridé (ou kité), vous encourez jusqu’à 6 mois de prison et 7 500 euros d’amende.
Si votre enfant est contrôlé au guidon d’un engin trafiqué, il risque non seulement une amende de 135 €, mais aussi l’immobilisation, voire la confiscation de son véhicule par les forces de l’ordre.
En cas d'accident avec un cyclomoteur débridé ou kité, l'assurance peut ne jouer que partiellement, voire pas du tout, si le conducteur n'a pas déclaré à son assureur les modifications survenues.
Comment reconnaître un cyclo débridé ?
Pour reconnaître un cyclo débridé, vous pouvez tout simplement le tester : s’il peut aller au-delà de 45 à 50 km/h, c’est qu’il a été débridé.
Le niveau sonore de l’engin peut également vous alerter : un cyclomoteur débridé ou kitté fait bien plus de bruit qu’un engin non modifié.
Enfin, même sans vous y connaître, vous devriez repérer le changement du pot d’échappement d’origine.
L’équipement du cyclo

© Segire & T. Duhamel
• d’un certificat d’assurance ;
• d’une plaque d’immatriculation pour les véhicules mis en circulation après le 1er juillet 2004 ;
• d’une carte grise ;
• d’un rétroviseur côté gauche ;
• d’1 ou 2 feux avant et arrière ;
• d’un feu stop ;
• d’un avertisseur sonore ;
• d’un indicateur de vitesse ;
• de dispositifs réfléchissants sur les côtés, l’arrière et sur les pédales.
Le choix du casque est primordial
Un casque intégral est préférable car il offre le meilleur niveau de protection, notamment du visage. Il doit obligatoirement être homologué : il porte alors la norme française NF (étiquette verte) ou européenne E (étiquette blanche comportant un E).
Au départ, il est normal que le casque serre la tête de votre enfant (qui, s’il porte des lunettes, ne doit pas les oublier pour essayer son casque) : il faut que le casque s’ajuste bien à la tête, mieux vaut qu’il serre un peu, avec le temps la garniture intérieure se tasse. L’achat d’un casque sur Internet est déconseillé, dans la mesure où il faut impérativement l’essayer.
Le casque doit être correctement attaché : sans cela, il perd toute efficacité !
Après toute chute ou accident dans lequel il a été heurté, le casque doit être changé : un choc, même invisible à l’œil nu, peut lui ôter une grande part de sa fonction protectrice. Sa structure intérieure risque d’être détériorée sans que cela soit apparent.
Faites particulièrement attention à sa tenue
Demandez à votre enfant d’éviter de porter des vêtements amples et de privilégier les vêtements couvrant complètement bras et jambes, assez solides pour résister aux frottements en cas de chute.
Si la meilleure protection est le cuir, des vêtements en jean ou tout autre coton épais peuvent faire l’affaire. Les matières synthétiques sont à proscrire : en cas de frottement sur le sol, ces matières fondent sur la peau et peuvent brûler grièvement…
Des gants sont indispensables, été comme hiver, pour la protection des mains.
L’allumage des feux le jour est devenu obligatoire
Depuis mars 2007, l’allumage des feux le jour est obligatoire pour tous les cyclomoteurs mis en circulation après le 1er juillet 2004. Si le deux-roues motorisés de votre ado est plus ancien, conseillez-lui d’allumer ses feux de jour comme de nuit. Il sera ainsi plus visible. Le conducteur d'un deux-roues motorisé qui circule de jour sans allumer les feux de croisement de son véhicule est passible d'une amende de 35 euros.
L’entretien du cyclo doit être régulier
Comme pour une voiture, un entretien régulier doit être effectué. Cela participe grandement à la sécurité. Pensez à vérifier fréquemment :
• la pression des pneus, au moins une fois par mois, à froid ;
• le bon fonctionnement de l’éclairage et des clignotants ;
• la tension et la lubrification de la chaîne.
Conformez-vous strictement aux prescriptions du constructeur mentionnées dans le carnet d’entretien.
Prendre un passager ou être passager
Pour que votre adolescent prenne un passager sur son cyclomoteur, ou pour que lui-même devienne passager de l’un de ses camarades, le véhicule doit avoir une homologation adéquate : le certificat de conformité doit mentionner la présence de 2 places assises y compris le conducteur.
Le passager d’un cyclomoteur est exposé aux mêmes risques que les conducteurs. Pourtant, il est souvent moins bien équipé. Vous devez donc rappeler à votre enfant que comme le conducteur, le passager doit porter un casque adapté à sa tête (jugulaire réglée et attachée), des vêtements robustes et couvrants (hiver comme été) et des gants.
Souvent, le passager n'ayant pas la même expérience du deux-roues que le conducteur, ne sait pas bien comment se comporter. Lorsqu'il transporte un passager, le conducteur doit donc lui demander de respecter quelques règles de sécurité, avant de prendre la route :
• s'asseoir le plus près possible du conducteur pour bien sentir ses mouvements et se tenir à lui ;
• ne pas poser les pieds par terre à l'arrêt ;
• éviter tout geste brusque et accompagner le conducteur dans les virages.
Pour transporter un enfant de moins de 5 ans, le cyclomoteur doit disposer d’un siège conçu à cet effet et d’un système de retenue ; toutefois, transporter un enfant de moins de 10 ans est fortement déconseillé.
Les pocket-bikes : des mini-motos très dangereuses
À l’origine utilisées uniquement sur circuit, les pocket bikes ou mini-motos sont en plein essor, bien que totalement inadaptées à la circulation publique. Ne vous fiez pas aux arguments de vente qui sont pour la plupart aux antipodes de la sécurité routière. À 100 km/ h et à quelques centimètres du sol, la pratique du pocket bike ne permet ni l’apprentissage de l’équilibre, ni celui des réflexes ou de la maîtrise de soi !
Les pocket bikes ont une cylindrée qui varie entre 30 et 125 cm³. Leur faible taille – de 50 à 80 cm de hauteur de selle – fait qu’un conducteur de taille moyenne est aussi peu à l’aise que sur un vélo d’enfant. Leur faible hauteur les rend également quasiment invisibles aux yeux des automobilistes.
Surpuissants par rapport à leur poids, certains de ces engins peuvent atteindre jusqu’à 100 km/h. Leur faible coût d’acquisition a participé à leur développement autant en milieu rural qu’urbain.
Les mini-motos vendues dans le commerce ne sont pas homologuées pour circuler sur les voies ouvertes à la circulation publique, car elles ne respectent pas les prescriptions techniques minimales exigées (conformité des dispositifs de freinage, d’éclairage, pneumatiques, etc.). Elles sont donc en principe réservées à un usage sur terrain privé clos.
Si malgré tous les dangers, vous décidez de permettre à votre enfant de conduire une mini-moto, assurez-vous qu’il ne l’utilise que sur terrain clos, fermé à la circulation publique, tel que les pistes ou les circuits, encadrés par des professionnels compétents et qu’il s’équipe correctement : casque, gants, genouillères et bottes.
Le Code de la route puni d’une amende de 1 500 euros maximum, toute personne qui circule sur les voies ouvertes au public avec une mini-moto ou un quad non homologué (non-conforme aux prescriptions techniques réglementaires relatives à la sécurité et aux nuisances). L’immobilisation, la confiscation ou la mise en fourrière peut être prononcée.
Les quads : peu maniables et difficiles à conduire
Il existe deux catégories de quads (« quadricycles à moteur ») :
• les quads non homologués route qui ne peuvent pas circuler sur la voie publique. Ils ne sont pas soumis au code de la route, mais nécessitent un apprentissage de la conduite. En cas d’utilisation par un mineur, la présence d’un adulte est indispensable ;
• les quads homologués route qui peuvent circuler sur les voies ouvertes à la circulation publique, sauf autoroutes et voies rapides. Leur utilisation est soumise au respect du code de la route, qui distingue deux catégories : les légers (dont la vitesse maximum par construction n’excède pas 45 km/h et dont la cylindrée n’excède pas 50 cm³) et les lourds (supérieurs à 50 cm³ et dont la puissance maximum nette n’excède pas 15 kilowatts).
Pour conduire un quad léger, il faut :
• avoir au minimum 16 ans ;
• pour les personnes nées après le 31 décembre 1987 : être titulaire du Brevet de sécurité routière (BSR) option quadricycle ou du permis A1 ou B1 (pour les personnes nées avant le 31 décembre 1987, aucun permis n’est exigé) ;
• avoir une carte grise et une plaque d’immatriculation arrière;
• avoir souscrit une assurance ;
• porter un casque homologué et correctement attaché.
Pour conduire un quad lourd, il faut :
• avoir au minimum 16 ans ;
• être titulaire du permis A, A1, B ou B1
• avoir une carte grise et une plaque d’immatriculation arrière ;
• avoir souscrit une assurance ;
• porter un casque homologué et correctement attaché.
Pour en savoir plus
Lire aussi « L'avis de l'assureur » concernant les quads et pocket-bikes.
Ne vous fiez pas à son aspect sécurisant. Les quads peuvent être dangereux. Peu maniables, ils braquent très mal et manquent considérablement de tenue de route, notamment en cas de freinage. Plus la vitesse augmente, plus ils sont dangereux. Ces véhicules très lourds se retournent facilement, ce qui peut avoir des conséquences dramatiques pour le conducteur, pris en dessous. Leur conduite nécessite donc un apprentissage spécifique et une conduite apaisée.
Avant de permettre à votre enfant de se lancer au guidon d’un quad, inscrivez-le à une formation de quelques heures auprès d’un professionnel. Loin d’être aisée, la prise en main du quad requiert prudence et compétence. D’où l’intérêt d’un apprentissage encadré.
Le Code de la route puni d’une amende de 1 500 euros maximum, toute personne qui circule sur les voies ouvertes au public avec une mini-moto ou un quad non homologué (non-conforme aux prescriptions techniques réglementaires relatives à la sécurité et aux nuisances). L’immobilisation, la confiscation ou la mise en fourrière peut être prononcée.